Pour dégager les perspectives des marchés financiers après le krach de 2008, voyons tout d’abord le contexte économique. Où en sommes- nous aujourd’hui en la matière après le cataclysme financier ? Pouvez-nous aider à mieux cerner 2009 ?

François Mouté, Président de Neuflize Private Assets : Il est important de resituer l’évolution des marchés à l’échelle de l’histoire récente. Ce cataclysme boursier, comme vous dites, s’est construit lentement au cours des décennies passées. Il est raisonnable de pointer en effet l’année 1981 comme étant le début d’une longue période qui a conduit à ce krach final.

A partir de 1981, le président Reagan a poursuivi une politique de déficits systématiques par réduction des impôts, politique qui a contribué à une accumulation de dettes régulière et considérable et dont nous savions qu’elle ne finirait pas bien ! Or, si l’on a mis 27 ans pour être dans la difficulté où nous sommes, il faut être réaliste, cela ne va pas se terminer en trois mois. Garder à l’esprit cette évolution dans le temps est essentiel pour planter le décor actuel et pour mieux comprendre pourquoi la résolution des difficultés apparues désormais au grand jour va prendre des années. Ce qui ne veut pas dire que l’on ne va pas réussir à gagner de l’argent durant la période.


Didier Le Menestrel, Président de La Financière de l’Echiquier : Pour mieux cerner 2009, il faudrait une boule de cristal ! Cette année arrive après une période boursière épouvantable, une année 2008 comme il n’y en a qu’une par siècle, où il ne fallait pas prendre le moindre risque. Une année 2008 où l’économie s’est quasiment arrêtée de tourner aux Etats-Unis et en Europe et où elle s’est sensiblement calmée dans les pays émergents. L’environnement économique va rester évidemment très dégradé, marqué par d’importants plans de licenciements. Mais, conséquence de cette situation - et c’est la certitude pour moi sur laquelle nous reviendrons : le prix des actions est particulièrement dévalorisé.


François-Marie Wojcik, Président de Métropole Gestion : Le ralentissement économique actuel est plus important que prévu du fait de l’amplification de la crise financière. Car, soyons clairs : ce n’est pas la crise financière qui a provoqué le ralentissement économique mondial, c’est le ralentissement économique américain qui a créé la crise financière, qui a elle-même amplifié le ralentissement mondial. Ce point est très important pour l’analyse que l’on peut faire de la sortie de la crise. Je m’explique : si vous pensez comme beaucoup d’experts que c’est la crise financière qui est à l’origine de la crise économique mondiale, alors vous êtes face à un phénomène incontrôlable, plan Obama ou pas. Mais si vous analysez la crise comme un phénomène naturel après un cycle très long de croissance - depuis 1994, les Etats-Unis étaient en croissance forte -, alors vous savez que le ralentissement va certes durer un certain temps - et vous pouvez exclure le scénario d’une sortie en V -, mais du coup cette crise reste « traditionnelle », forte, importante, mais « traditionnelle ». C’est cette seconde approche qui a notre faveur.



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